Documentation Produite par Takiwasi

La documentation disponible dans la liste suivante est une compilation du matériel produit par le Centre Takiwasi au cours de ses années de recherche.

1.
Apports thérapeutiques de l'Ayahuasca dans le cas d'addictions

Auteur : Jacques Mabit

Article publié en " Les plantes hallucinogènes : Initiations, thérapies et quête de soi ", Christian Ghasarian & Sébastien Baud, Ed. Imago, 2010, pp 267-286.

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Depuis une vingtaine d’années l’intérêt des populations des sociétés dites "modernes" pour les substances psychotropes végétales source de modification de la conscience s’est accru au point de constituer un phénomène social qui dépasse largement le cadre de la communauté académique et des laboratoires scientifiques. Cet intérêt se situe dans le prolongement des tentatives d’auto-exploration commencées dans les années soixante face au manque de réponses convaincantes des églises, des écoles philosophiques, des projets politiques et des psychothérapies conventionnelles sur le sens de la vie. La désacralisation consécutive à la modernité réduit en effet considérablement les espaces rituels favorisant un investissement symbolique profond.

2.
Approches de la Mort ou apprentissage de la Vie

Auteur : Jacques Mabit

Conférence donnée en juin 1999.

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Sans doute, la revendication légitime de la médecine traditionnelle, c'est-à-dire de la médecine non conventionnelle, de la médecine ancestrale, est celle de la valeur extraordinaire de la subjectivité. Je vais donc essayer ici de m'axer sur les expériences proches de la mort, à partir de la subjectivité. En commençant par le témoignage de cet enfant, qui avait un grand-père guérisseur, au Pérou, et qui dit la chose suivante : "Mon grand-père Ramon , il fait de longs voyages, ma mère se limite à dire aux gens qui viennent le voir, le soir : Le maître n'est pas là. Parfois je pense que mon grand-père Ramon est mort depuis longtemps, que de tant mourir, il a appris à vivre, à ne jamais mourir. C'est sans doute pour ça qu'il revient toujours, pas comme s'il arrivait, mais comme s'il repartait d'un autre côté."

3.
Archives et mémoires somatiques de l’âme

Auteur : Jacques Mabit

Transcription littérale, revue et corrigée, de la Conférence donnée par le Dr. Jacques Mabit à Savoir Psy, Paris, 11 Septembre 2002.

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Bonsoir à tous, à ceux qui sont connus et aux inconnus. Je remercie aussi pour l'invitation qui m’a été faite et pour l'occasion qui m'est donnée de m'exprimer en public sur un thème qui n'est pas très facile à aborder. Je me propose d'échanger avec vous d'abord sur mon expérience plus que sur une théorie ou sur une démarche qui prendrait la forme d’un discours scientifique avec ses prétentions à l’objectivité. Je voudrais partir de ce que j'ai vécu personnellement, de ce que j'ai vu vivre autour de moi au travers de mon expérience depuis seize ans en Haute Amazonie péruvienne.

4.
Ayahuasca : mémoire et conscience. Nouvelles applications d'une pratique indienne ancestrale

Auteur : Jacques Mabit

Conférence inaugurale du 25e anniversaire de la Société d'Anthropologie de la Conscience, 15 avril 2005, Université du Massachusetts, États-Unis. Traduit de l'espagnol par Fabio Friso, révisé par Magali Chevron.

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Ma présence ici n'est pas due au fait que je suis un grand scientifique, spécialiste en neurophysiologie, ou un philosophe distingué de la conscience, mais je crois, au fait que je peux témoigner de l'expérience commune de l'auto-exploration de la conscience et de ses applications thérapeutiques. Et cela illustre d'emblée la situation actuelle du débat contemporain autour du phénomène de la conscience : l'acceptation implicite ou l'intuition qu'il faut passer d'un discours "sur" la conscience à une expérimentation directe de celle-ci et de ses modifications. Bien sûr, je suis médecin, spécialiste en médecine naturelle de l'Université de Paris, spécialiste en pathologie tropicale à Anvers (Belgique), professeur associé à l'Université scientifique du Sud à Lima, mais ce ne sont pas ces titres à eux seuls qui expliquent cela, mais plutôt le fait qu’avec eux, ou en dépit d’eux, je me suis personnellement intéressé à la pratique du chamanisme amazonien. Et à partir de là, j'ai extrait une application thérapeutique, en élaborant un protocole d'attention, en direction de patients souffrant de dépendances. En d'autres termes, j'ai osé franchir certaines frontières, culturelles, mentales et scientifiques, pour diverses raisons dans ma vie et on a le sentiment que cette position "entre les frontières" se mondialise pour de nombreux occidentaux appelés à franchir un seuil similaire dans leur recherche, pour faire un saut qualitatif dans l’aventure de leur vie. Donc aujourd'hui, je me retrouve à être un occidental qui amène d'autres occidentaux à témoigner de leur expérience personnelle et à réfléchir sur la base de cette expérience. Permettez-moi donc de me dégager des formalités du monde universitaire pour simplement partager mes réflexions dans un langage non seulement linéaire et rationnel, mais aussi analogique et métaphorique.

5.
Ayahuasca, addictions et états modifiés de conscience

Auteur : Jacques Mabit

Publié sur le site web de Takiwasi.

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L’Ayahuasca est un mélange d’au moins deux plantes psychoactives sudaméricaines : la liane Ayahuasca (Banisteriopsis caapi) qui donne son nom à la potion, et les feuilles de la Chacruna (Psychotria viridis). Le résultat est une composition très particulière par la combinaison des effets pharmacologiques de ces deux végétaux.

6.
Ayahuasca: toxicité et limitations d’utilisation

Auteur : Jacques Mabit

Extrait d’une note d’information pour expertise pour le cas Manto Wasi et présenté oralement au tribunal de Santiago du Chili, 2012.

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La nomenclature scientifique habituelle catégorise l’ayahuasca comme préparation « hallucinogène ». Cette typification vient du début du XXème siècle et se maintient traditionnellement, même si elle ne correspond pas à une réalité objective. L’hallucination fait référence à une perspective erronée de la réalité, qui amènerai le sujet à percevoir des choses qui n’existent pas. Cette définition suppose l’existence d’une seule réalité objective, matérielle, sensible. Les progrès de la science, notamment en ce qui concerne la physique quantique, ont amplement démontré qu’il n’existe pas d’observation de la réalité indépendante de l’observateur, et au niveau de la conscience, qui fonctionne de façon quantique, la subjectivité l’emporte et conduit chaque sujet à interagir avec la réalité de telle façon qu’il existe autant de modes de perception de la réalité qu’il existe d’êtres humains. Les théories avancées dans ces domaines considèrent la possibilité de plusieurs réalités ou niveaux de réalité, bien comme l’existence possible d’univers parallèles.

7.
Chamanisme amazonien et monde occidental : entre l’encouragement et la mise en garde

Auteur : Jacques Mabit

Article publié en français à deux reprises. D’abord dans la revue SYNODIE1 publiée par le Groupes de Recherches et d'Etudes en Thérapies Transpersonnelles (GRETT, 2005) puis dans la revue Nouvelles Clés (décembre 2005)

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Dans le petit havre de Haute-Amazonie où je réside depuis presque 20 ans, je vois déferler une vague croissante d’occidentaux avides d’aborder les pratiques des médecines traditionnelles amazoniennes. Ayant moi-même été un des initiateurs de ce mouvement, je ne peux m’empêcher d’hésiter entre la satisfaction et l’épouvante face à cet engouement pour ce qu’il est convenu de placer maintenant sous le vocable de « chamanisme », bien qu’inadéquat sur le plan anthropologique. La prise de conscience progressive des occidentaux de la grave carence de sacralité dans leur quotidien et l’audace de certains les menant à l’autre bout du monde en quête d’un renouvellement de leur spiritualité me semblent porteuses d’espoir. Dans le même temps, la capacité occidentale à transformer tout ce qu’elle touche en produit marchand, même la spiritualité, a de quoi effrayer. On assiste actuellement à un débarquement massif de citoyens des pays du Nord dans les recoins les plus isolés des forêts, des montagnes et des déserts du Pérou, et d’ailleurs, pour y dénicher le « chaman » encore « vierge » qui les réconciliera avec eux-mêmes. Et voici que les choses se compliquent singulièrement depuis que le mouvement s’est amorcé en sens inverse avec le déplacement de « chamans » vers l’Europe, voir de blancs se présentant comme initiés et capables de se substituer aux maîtres indigènes./n Lorsque se rencontrent un occidental et un chaman amazonien, même métis, ce ne sont pas que deux personnes qui se croisent mais deux cultures qui se découvrent et éventuellement se confrontent. Chacun est porteur, le plus souvent inconsciemment, des éléments culturels qui structurent son univers, sa pensée, ses comportements. Si cela est déjà vrai quand aux règles de politesse et courtoisie du quotidien dès que l’on passe une frontière géographique, qui plus est lorsqu’on prétend franchir les frontières des états de conscience. Cette ignorance mutuelle du monde intérieur de l’autre, augmentée par l’illusion des apparences (bien des chamans sont vêtus à l’occidental, portent une montre, écoutent la radio…), autorise de multiples projections source de quiproquos permanents, des plus amusants aux plus dangereux.

8.
Coca et ayahuasca, une même destinée ?

Auteur : Jacques Mabit

Article publié dans Revista Cultura y Droga, 23 (25), 15-32, Janvier 2018. Conférence originellement présentée en espagnole à la " Conférence Internationale sur l'Ayahuasca", Río Branco, Brésil, octobre 2016

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Au-delà de leurs irréductibles diversités, toutes les traditions et sagesses antiques portent une semblable préoccupation fondamentale : autant qu’il est possible, préserver l’homme ―et en même temps la société― du Mal qui menace. On pourrait dire : “des maux qui menacent” à condition de ne pas oublier que pour ces traditions, l’homme est un et que le corporel, le psychologique et le spirituel sont toujours liés. En d’autres mots, les sagesses anciennes et en particulier leurs traditions médicinales fondées sur l’expérience supposent et s’inscrivent dans une démarche de purification, d’éloignement du Mal et de rétablissement d’une certaine harmonie : autant le thérapeute que le patient s’engagent dans cette démarche où personne n’est laissé à soi-même.

9.
Considérations sur le breuvage Ayahuasca et ses perspectives thérapeutiques

Auteur : Jacques Mabit, Josçe Campos, Julio Arce

Article publié en espagnol dans « Revista Peruana de Neuro-Psiquiatría », tomo LV, Nº2, pp. 118-131, Juin 1992, Lima, Pérou. Traduit de l'espagnol par Fabio Friso, révisé par Dominique Le Bouteiller.

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L'extrait aqueux de Banisteriopsis caapi, Psychotria viridis y Brugmansia sp. connu dans toute l'Amazonie péruvienne sous le nom générique d'ayahuasca pour ses effets purgatifs et psychotropes, constitue l'axe central du chamanisme (curanderismo). Des études anthropologiques, psychologiques et phytochimiques démontrent qu'il peut être utilisé à des fins bénéfiques dans le traitement des toxicomanies et en pathologie mentale, à condition de le manier de façon adéquate. Les observations réalisées sur le comportement de cet extrait ont permis de suggérer des améliorations dans son mode de préparation. On a également pu constater lors du traitement de patients que les sessions thérapeutiques sont influencées non seulement par les principes actifs β-carbolinique et tryptaminiques mais aussi par l'état psychosomatique du patient, des facteurs environnementaux naturels ainsi que par d'autres facteurs mis en place par le thérapeute.

10.
De l’ouragan à la brise légère

Auteur : Jacques Mabit

Conférence Idées-Psy1, Paris, France, 2 Mai 2012.

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L’exploration de notre être intérieur nous renvoie souvent à cette opposition apparente entre le monde de la manifestation et le monde invisible des principes, entre ce qui crie en nous et ce que chuchote l’âme. Car les «chemins de Dieu sont élevés au-dessus des nôtres» (Is. 55,6-9.) et sans doute l’objet de cette quête intérieure consiste dans le dépassement de cette séparation entre le monde d’en-haut et celui d’en bas pour que la Volonté du Père s’applique ici-bas comme elle s’applique déjà là-haut. Ainsi, nous clamons pour être aimés tandis que notre âme nous chuchote « aime » ; nous crions pour être reconnus tandis qu’elle nous susurre «reconnais l’autre et le Tout-Autre ». Les initiations des peuples premiers, dans leurs expériences de l’extrême, conduisent l’individu à se rendre à`son humanité et rejoindre ce lieu intime où il redevient un être « au coeur et à l’esprit brisés ». On voit alors, lorsque l’homme touche sa propre misère, surgir et déborder du corps, spontanément, l’essence de l’âme qui demande pardon et rend grâce. Jamais contrition et gratitude ne me sont apparues aussi authentiques, manifestations de la mémoire incarnée dans les tréfonds du corps. Car comme Elie (1 R 19, 9-21), l’homme rencontre Dieu non dans l’ouragan fou de ses fantasmes, les secousses sismiques de sa frénésie, ou le feu dévorant de ses passions, mais, au milieu du silence, dans le souffle léger d’une brise intérieure…

11.
Edgardo : l’itinéraire d'un guérisseur

Auteur : Jacques Mabit

Publié sur le site web de Takiwasi.

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Les médecines traditionnelles et occidentale sont complémentaires, il n'y a pas de concurrence, chacune apportant sa part au processus de guérison. Le guérisseur s'occupe de nettoyer le corps et l'esprit, le médecin s'occupe de la manifestation dans le corps d'un déséquilibre.

12.
Enseignement sur l’inceste à travers l’Ayahuasca

Auteur : Anonyme

Publié sur le site web de Takiwasi, décembre 2017.

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Le texte ci-dessous est le compte-rendu rédigé par une participante à un séminaire au Centre Takiwasi et décrit le mode d’apprentissage et d’enseignement dont elle a bénéficié au cours de 4 sessions sur le difficile problème de l’inceste dont elle a été victime. Ce document est diffusé avec modification de certaines données personnelles pour en garantir l’anonymat, et avec le plein consentement de son auteur. Les notes en bas de page sont nôtres.

13.
Esprit des plantes et des animaux : Berceau de la naissance de l'individu

Auteur : Jacques Mabit

Transcription littérale, revue et corrigée, de la Conférence donnée par le Dr Jacques Mabit à IdéePsy, Paris, le 10 septembre 2003.

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D’abord je dois dire que je me suis fourvoyé complètement. On m'a demandé de faire une conférence dans le cadre du thème « Inconscient collectif et inconscient individuel » et j'ai accepté vu l’intérêt du sujet. J’ai médité alors sur l’abord à proposer et j’ai pensé que dans le cadre de mon travail en Amazonie péruvienne, il y avait beaucoup à dire sur la symbolique des animaux, sur tout ce qu’ils représentent et qui touche autant l'inconscient individuel que l'inconscient collectif. J’ai alors proposé le titre de cette intervention : « Esprit des plantes et des animaux, berceau de la naissance de l’individu »./n Puis quand j'ai commencé à approfondir le sujet pour préparer cette causerie, je me suis rendu compte que le sujet s’avérait très difficile et m'obligeait à franchir des frontières, à explorer de nouveaux territoires.

14.
Foi et Ayahuasca

Auteur : Père Cristian Alejandría Agreda

Conférence présentée au Congrès "Médecine Traditionnelle, Interculturalité et Santé Mentale", Tarapoto, 2009. Transcription de la présentation orale.

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Afin de comprendre l'expérience des patients, j'ai vu qu'il était nécessaire d’expérimenter ce qu'ils vivaient, c'est-à-dire de prendre des purges et d’entrer dans le processus avec les plantes jusqu’à arriver à prendre la plante maîtresse qu'est l'Ayahuasca. J'ai donc accepté, à partir de cette expérience, d’obtenir des réponses et ainsi faire face aux nombreuses questions des patients sur tout ce qu'ils voulaient clarifier dans leur vécu.

15.
Guérison et apprentissage à travers la diète chamanique amazonienne

Auteur : Matteo Politi

Article publié en anglais sur Chacruna.net le 27 septembre 2018.

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Au cours d'une diète, les gens passent souvent beaucoup de temps en silence en évitant d'utiliser le langage verbal, ce qui réduit l'activation de certains circuits du cortex cérébral qui, dans un état de conscience ordinaire, rendent les fonctionnalités rationnelles prédominantes. En limitant partiellement la pensée logique, nous accordons plus de place à la sphère plus intuitive et instinctive, généralement refoulée dans la vie quotidienne de l'Occidental moyen.

16.
Interview de Jacques Mabit par Evelyne Sarah Mercier

Auteur : Jacques Mabit

Interview publié par Les Cahiers de IANDS-France, No13, juillet-août 2002.

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Le Centre Takiwasi naît en 1992 dans les suites d’un travail de recherche en anthropologie médicale sur les médecines traditionnelles péruviennes, commencé 12 ans auparavant. En effet, le Pérou présente 3 aires géographiques et culturelles, Côte, Andes et Forêt Amazonienne, dotée chacune d’une pratique thérapeutique ancestrale spécifique. Chacune se centre et structure également autour d’une plante dite “sacrée”, c’est-à-dire à effets psychoactifs, dans l’ordre : Cactus Sampedro a mescaline (côte), feuilles de coca (cordillère) et la liane Ayahuasca (jungle). Lors de cérémonies rituelles, les maîtres guérisseurs utilisent ces plantes pour induire des modifications contrôlées de la conscience qui permettent tant au patient qu’aux thérapeutes d’activer certaines facultés qualifiées de paranormales (voyance, clairaudience, télépathie, etc.) et ainsi d’accéder à des informations inconscientes qui se révèlent utiles à la thérapie. Ces techniques qui remontent au moins à 3000 ans, sous des apparences “folkloriques”, se montrent extrêmement sophistiquées et les guérisseurs sont devenus de grands maîtres dans l’art de pénétrer le labyrinthe de la psychée humaine. Si l’on suit les indications rigoureuses des experts empiriques en la matière, ces préparations végétales non seulement n’induisent aucune toxico-dépendance mais de plus servent traditionnellement à traiter les phénomènes de dépendance et toxicomanie. Le cactus à mescaline est très utilisé pour traiter l’alcoolisme de la côte comme l’ayahuasca pour les nouveaux toxicomanes à la pâte de base de cocaïne nombreux en Amazonie. Il existe également un catalogue très riche de préparations médicinales permettant la désintoxication initiale, la stimulation onirique, la relaxation, l’induction du sommeil, etc./n Nous avons donc essayé de reprendre les savoirs empiriques en la matière pour les structurer, les systématiser, les proposer dans un cadre cohérent et acceptable selon les exigences médicales et éthiques occidentales. Il s’agit entre autres choses d’instaurer un dispositif thérapeutique qui prenne en compte la dimension subjective et symbolique traditionnellement ritualisée. Cette proposition suppose que le thérapeute lui-même ait suivi les étapes du processus d’auto-exploration, à la manière des initiations ancestrales ou de la formation psychanalytique, de façon à ensuite pouvoir guider son patient “de l’intérieur”, c’est-à-dire dans un rapport direct de subjectivité à subjectivité.

17.
Itinéraire et témoignage du docteur Jacques Mabit, médecin et shaman

Auteur : Frédérique Apffel-Marglin

Avril 2007, Interculture Nº 152, p. 27-48.

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Entrevue de Jacques Mabit, M.D. par Frédérique Apffel-Marglin tenue à Takiwasi, Tarapoto, Pérou le 23 jamvier 2007./n Jacques Mabit fonda ce centre voici quelque 15 ans de cela, après de nombreuses années d'apprentissage auprès de bien des shamans locaux pratiquant le rituel de l'Ayahuasca, breuvage sacré des indigènes amazoniens. À Takiwasi, les malades sont traités à base du rituel amazonien de l'Ayahuasca avec une teinte de catholicisme, mais aussi à base de thérapie psychologique ou autre.

18.
Le Reiki ou l’arnaque spirituelle

Auteur : Jacques Mabit

Article publié sur le site web de Takiwasi, novembre 2016.

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Le Reiki est à la mode depuis les années 90 et depuis le début du siècle et se développe à grande vitesse dans tous les milieux. Or notre expérience thérapeutique nous montre qu’il s’agit d’un des majeurs et constants lieux d’infestation spirituelle. Ce danger spirituel est largement ignoré et sous-estimé, ce pourquoi il nous a semblé utile de transmettre notre vécu à son égard et notre réflexion sur ce phénomène de société, afin surtout de mettre en garde contre son utilisation.

19.
Le savoir médical traditionnel et la toxicomanie

Auteur : Jacques Mabit

Article traduit de l’espagnol, publié en français par Takiwasi. Revista El Filósofo Callejero, Nº7, Abril 1995, pp. 10-17, Santiago de Chile, Chile. Revista de Medicinas Alternativas, Especial Perú, Año I, 6, nov-dic 1997, pp.30-41, Madrid, España.

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Nous avons observé une confusion dans le monde occidental entre les concepts de drogue et d'addiction, les notions de légalité et de légitimité et à propos des modifications des états mentaux. L'idée maîtresse de cette discussion repose sur la production de l'altération des états de conscience qui constitue une recherche constante de l'être humain, comme du reste des animaux, à travers toutes les cultures et en tout temps. Au point que cette dernière se présente comme une conduite fondamentale menant à une amplification de la conscience en tant qu'évolution naturelle de la vie.

20.
Le sorcier, le fou et la grâce: les archétypes sont-ils des esprits désacralisés?

Auteur : Jacques Mabit

Publié dans "Danger et nécessité de l'individuation", IXe Colloque de Bruxelles, Esperluète Ed. en co-édition avec L'Arbre Soleil, 2016. Belgique.

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Dans un processus d’individuation raté, l’ombre de l’Indien peut le transformer en sorcier tandis que celle de l’occidental peut dériver en folie : crises dissociatives, psychotiques ou délirantes. Dans sa réserve, voir son refus à propos du summum bonum, Jung n’aurait-il pas « aplati et aseptisé» les esprits du monde-autre décrits par les Indiens pour en faire des archétypes, principes psychiques, énergies neutres, forces laïcisées, les dépouillant ainsi de leur « substance d’être » ? Autrement dit, si les réalités du monde-autre sont objectives et vivantes, et de ce fait potentiellement salvatrices, ne serait-ce pas leur réduction à un principe subjectif, individuel ou collectif, qui, dans l’initiation, serait source de toxicité de l’âme en la privant de la grâce?

21.
Le temps de la réconciliation

Auteur : Jacques Mabit

Conférence présentée au II Congrès du Conseil Interaméricain sur la Spiritualité Indienne (CISEI), Tarapoto, Pérou, 9-14 Novembre 1998, et publiée dans les Actes de ce Congrès, Compilateur : Dr. Jacques Mabit, Ed. Takiwasi, Tarapoto, Pérou, pp.13-17, première édition 2001. Traduction de l’espagnol, allégée de certains passages propres au contexte du moment de cette rencontre et devenus obsolètes. Traductrice : Täis Bean.

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Il y a 500 ans, un malentendu s’instaura lors du contact entre les peuples d’Europe et d’Amérique. Aujourd’hui, nous voulons tenter de créer de réels espaces de rencontres entre eux. Cela doit passer obligatoirement par la réconciliation qui exige la reconnaissance des erreurs de chacun, la demande de pardon et la réparation des fautes commises.

22.
Les Cent jours de l’Ayahuasca

Auteur : Ghislaine Bourgogne

Conférence présentée au Congrès “Medicinas Tradicionales, Interculturalidad y Salud Mental”, Tarapoto, Pérou, 2009 et publiée dans les Actes de ce Congrès, ed. Takiwasi, 2011.

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Le chamanisme végétal est une pratique médicinale couramment répandue en Amérique du Sud, en particulier dans le bassin amazonien. Les maîtres guérisseurs soignent en administrant des plantes aux vertus curatives. Ils absorbent aussi des breuvages psycho-actifs qui les mènent aux rives du Monde-Autre, là ou leurs visions leur enseignent l’art de la médecine et du soin. Ces mêmes breuvages sont donnés aux patients au cours de cérémonies nocturnes afin qu’ils voient par eux-mêmes la source de leurs maux et s’en délivrent avec l’aide des chamanes.

23.
Les médecines initiatiques amazoniennes : Accès au Soi à travers le corps ou l’incarnation de l’Esprit

Auteur : Jacques Mabit

Conférence donnée au Centre Savoir Psy, Paris, en 2001.

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Je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer devant vous et d'être venus aussi nombreux : cela m'impressionne un petit peu. Je souhaite simplement être témoin, témoigner d'une expérience peu commune et que j’aimerais bien voir se développer et trouver un peu plus d'espace sur d'autres territoires que l'Amazonie péruvienne. En effet, l'un des postulats de notre démarche est que ce genre d'approche de l’être humain n'est pas dépendante d'un contexte culturel spécifique mais au contraire transposable dans des cadres culturels tout à fait différents, mais sous certaines conditions. Elle peut donc offrir des solutions à des problèmes contemporains hors de l'Amazonie péruvienne d’où elle procède mais d’où elle peut éventuellement s'expatrier.

24.
Les Médecines Traditionnelles, entre guérison et initiation - En quoi ces pratiques peuvent transformer notre vision du monde et nos pratiques occidentales

Auteur : Jacques Mabit

Conférence donnée à Paris le 22 juin 1999.

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Les médecines traditionnelles amazoniennes sont un domaine tellement vaste et tellement spécifique, qu'il est difficile de restituer leur réalité auprès d'un public de citadins, de partager cette réalité et de dire ce que l'on fait, comment on le fait, comment on vit tout ça./n Je me souviens de Don Alquilino ce guérisseur que je suis allé voir, il y a maintenant 13 ans, dans la forêt. Je souhaitais savoir comment il connaissait tout ce qu'il savait. Est-ce que son savoir venait de son grand père, de ses parents ? Il me disait : "Ben non, c'est les plantes. Les plantes te parlent." Je ne comprenais pas que des plantes puissent parler. Quand je lui ai demandé comment faire pour apprendre, Don Aquilino m'a répondu : "Il faut que tu fumes du tabac."

25.
L’alternative des savoirs autochtones au « tout ou rien » thérapeutique

Auteur : Jacques Mabit

Article publié dans « Psychotropes, revue internationale des Toxicomanies », Vol. 7, No1, 2001. DOI 10.3917/psyt.071.0007.

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A la maladresse avec laquelle l’occidental induit des modifications de sa conscience, les médecines ancestrales répondent par un savoir-faire des plus sophistiqués où non seulement l’induction contrôlée d’états non-ordinaire de la conscience n’est pas dommageable mais permet même de faire face au développement moderne du phénomène toxicomaniaque. À partir de son expérience clinique en Haute Amazonie péruvienne, l’auteur témoigne des ressources thérapeutiques que recèle un sage usage des plantes médicinales y compris celles à effets psychotropes non addictifs comme la fameuse liane ayahuasca. La mise en place, au sein d’une structure d’accueil, d’un dispositif thérapeutique articulant les pratiques autochtones et la psychothérapie contemporaine, permet d’obtenir des résultats très encourageants (positifs chez 2/3 des patients), au-delà du contexte culturel dont émanent toxicomanes et thérapeutes. Ce qui invite à une reconsidération des approches conventionnelles vers l’introduction de l’universelle notion d’initiation oubliée en Occident et vers laquelle semble tendre le toxicomane à travers sa quête ordalique.

26.
L’Ayahuasca au secours des drogués

Auteur : Jacques Mabit

Article publié dans la revue « Nouvelles Clés », Nº2, été 1994, pp. 45-47, Paris, France.

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Mon expérience au Pérou durant trois années (1980-1983) avec Médecins sans Frontières, m’avait convaincu d’une chose : les guérisseurs savaient traiter des cas rebelles aux médecines conventionnelles. Le retour en France m’a rappelé notre impuissance relative, en particulier en pathologie mentale et dans le domaine des toxicomanies. J’ai alors pris la décision d’explorer de plus près ces pratiques thérapeutiques, dans le cadre d’un projet de recherche en anthropologie médicale. Le discours des chamanes et guérisseurs s’est très vite révélés difficile à saisir. « Qui vous enseignait ? – Les plantes. – Comment vous enseignaient-elles le savoir ? – Au cours de rêves ou d’états de conscience modifiés par l’ingestion ritualisée de substances végétales psychotropes non addictives ». Etait-ce véridique, contrôlable, accessible ? Les entretiens avec les guérisseurs se terminaient invariablement par la question : « Et moi, médecin occidental, puis-je ? – Oui, les plantes peuvent t’enseigner si tu les aimes, les respectes et les ingères en suivant strictement les règles (diètes, jeûnes, isolement dans la forêt, abstinence sexuelle…). Alors elles viendront à toi et te parleront : c’est la seule façon d’apprendre.

27.
L’ayahuasca dans le traitement des addictions

Auteur : Jacques Mabit

Article publié en anglais dans “Psychedelic Medicine (Vol. 2): New Evidence for Hallucinogic Substances as Treatments” 1 (2007), by Thomas B. Robert, Michael J. Winkelman, pp. 87-103, Praeger Ed., USA, 2007. ISBN: 0-275-99023-0

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L’Ayahuasca peut offrir une voie royale et alternative d’accès au monde-autre, en plus de bénéficier d’une tradition indienne encore très vivace et dotée d’instruments de transmission des connaissances. D’une certaine façon, face à une dépendance aux drogues produit d’une contre-initiation sauvage, il peut être proposé à un toxicomane de reprendre un nouveau parcours initiatique, cette fois de façon contrôlée, organisée et guidée. De la sorte, en accueillant, au lieu de le nier, son désir légitime d’explorer le monde-autre, il devient plus acceptable pour le patient de se soumettre aux conditions et règles accompagnant le processus à la fois initiatique et thérapeutique, et plus facile pour le thérapeute de poser ce cadre en comptant sur la collaboration volontaire de son patient. La correction du parcours initiatique tronqué peut alors s’engager dans des conditions de réalisation correctes. Le lien thérapeutique s’inscrit alors davantage dans une relation de maître à élève que de répresseur à délinquant.

28.
L’hallucination par l’Ayahuasca chez les guérisseurs de la Haute-Amazonie péruvienne

Auteur : Jacques Mabit

Document de travail de l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA, 1988) publié ensuite dans les documents de travail du Second Congrès International de Médecines Traditionnelles (1989).

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Sur la base d’une auto-expérimentation auprès des guérisseurs de la Haute-Amazonie péruvienne, l’auteur présente le cadre et les conditions de la production hallucinatoire en thérapie traditionnelle au moyen de l’Ayahuasca, liane à effets psychotropes. Il tente de retrouver quelques constantes permettant de caractériser l’hallucination consécutive à l’ingestion d’Ayahuasca. Il propose ensuite une réflexion sur la « vision » obtenue par ces pratiques et définit des critères de validité qui, à son sens, font des modifications des états de conscience un objet d’étude digne d’intérêt, en particulier sur le plan thérapeutique.

29.
Marihuana, ange ou démon ?

Auteur : Jacques Mabit

Publié en Espagnol dans la Revue Takiwasi, Nº 5, pp 63-77, Tarapoto, Pérou, 1997.

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La Marihuana (Cannabis sativa) est devenue de nos jours un thème constant de débats qui symbolise parfaitement le conflit entre, d’une part les partisans de la libéralisation totale des substances psycho actives, et d’autre part les opposants à toute tolérance en leur encontre. Ces positions systématiques nous obligent à choisir entre deux points de vue “ fermés “: -le premier pudiquement habillé de tolérance et liberté offre une approche quasi angélique de “ l’herbe “ -le second “satanise“ toute modification induite des états de conscience et mentionne en s’horrifiant les chiffres effectivement terrifiants de la toxicomanie dans le monde.

30.
Plantes-poisons ou plantes-médecines ? Les antidotes de la forêt amazonienne contre sa destruction

Auteur : Jacques Mabit

Conférence au Colloque International “Drogue et Environnement”. Paris, Octobre 1994.

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La Haute-Amazonie péruvienne, front de pénétration dans l’immensité de la jungle, constitue un espace où se rencontrent plusieurs cultures. Depuis des siècles, les hommes de la forêt profonde échangent avec ceux des Andes et de la côte : produits, coutumes, techniques, savoir. Dans ce Piémont andin, aujourd’hui, à une échelle plus vaste, se rencontrent ou plutôt se confrontent les cultures ancestrales autochtones et les milles visages de la culture occidentale moderne. C’est dans cet espace que, depuis 8 ans, nous vivons au contact des groupes ethniques Lamista et Chazuta situés le long des fleuves Mayo et Huallaga. Ceux-ci sont fameux tant pour leurs pratiques médico-magiques traditionnelles, qui ont toujours suscité admiration et respect dans toute l’Amazonie, que pour leur récente publicité comme producteurs de feuilles de coca et son premier dérivé, la pâte-base de cocaïne, produit extrêmement addictif et d’une grande toxicité. Comme héritage andin, ils parlent le quechua tout en démontrant des traits coutumiers plus proches des groupes Jivaros de la forêt équatoriale./n La coca connaît une grande qualité comme la plupart des plantes de cette région où les caractéristiques climatologiques permettent d’obtenir pour la même plante en moyenne 30% de plus d’alcaloïdes qu’en Basse-Amazonie. Ainsi, depuis des siècles, les guérisseurs amazoniens ont régulièrement visité ce « Sourcil de l’Amazonie » (Ceja de Selva) afin d’y récolter des plantes médicinales de qualité supérieure. Au cours de ce siècle, c’est ici également que s’est exploité la meilleure liane à curare, de savoureux cafés et que nos « Gauloises » ont trouvé leur meilleur tabac.

31.
Rencontre de deux médecines au chevet des toxicomanes

Auteur : Jacques Mabit

Publié sur le site web de Takiwasi

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Installé depuis plusieurs années au Pérou, un médecin français, le Docteur Jacques Mabit, a ouvert un centre de traitement des toxicomanes. Son originalité : essayer de réunir les deux approches thérapeutiques, occidentale et traditionnelle, pour trouver des alternatives de traitement. L’Amazonie péruvienne cache en son sein les champs de coca, coca destinée au trafic de cocaïne via la Colombie. Riche de symboles et de pouvoirs, la “plante des Dieux” est devenue pour les Incas celle du “Diable et de la Mort”, comme l’explique un guérisseur. Avant de toucher les pays occidentaux, la drogue a des effets destructeurs dans les pays producteurs. La jeunesse péruvienne, trop souvent sans perspectives d’avenir, fuit la realité dans la consommation de pâte base de cocaïne, accessible et bon marché.

32.
Risques et potentialités thérapeutiques du transfert culturel de l´Ayahuasca

Auteur : Jacques Mabit

Conférence donnée à l´occasion du congrès organisé par La Maison Qui Chante, « Ayahuasca, perspectives thérapeutiques d´une tradition amazonienne millénaire » (Lyon, 22, 23, 24 avril 2005) et publié dans l´ouvrage du même nom, pages 113-144, coédition La Maison Qui Chante – Takiwasi, 2005.

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En répondant à la question "Est-ce possible d'imaginer un transfert culturel des techniques chamaniques dans le monde occidental ?" le Dr. Jacques Mabit réaffirme que il est tout à fait possible d'utiliser l'Ayahuasca avec un certain nombre de précautions et de conditions, pour toutes sortes de personnes parce qu'on touche là à des invariants qui sont infra-culturels ou pré-culturels.

33.
Rituel de réparation pour les enfants non-nés

Auteur : Jacques Mabit

Publié sur le site web de Takiwasi.

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Nous proposons dans cet article un rituel de réparation pour les enfants non-nés de façon induite ou spontanée. Cet acte profondément guérisseur naît d’une expérience particulière qui a eu lieu au Centre Takiwasi, au Pérou, dans un cadre thérapeutique, et dont nous expliquerons la genèse.

34.
San Patrignano: une vision angoissante de la société du futur

Auteur : Jacques Mabit

Publié sur le site web de Takiwasi.

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En mai 2014, sur l'invitation de Jacques Attali, nous avons participé au Forum LH sur l'économie positive qui s’est tenu dans les locaux de la Communauté de San Patrignano, près de Rimini en Italie, ouverte aux personnes en peine face aux abus de consommation de substances addictives. Nous désirons dans ce modeste témoignage faire part de notre surprise et de notre préoccupation concernant l’ambiance découverte au cours de ce bref séjour dans cette Communauté Thérapeutique très admirée et présentée comme un modèle pour l’avenir. Nous exposons ici quelques réflexions qui nous sont apparues et quelques interrogations émergentes face à la vision du devenir de l'humanité selon ce prototype de société future.

35.
Shamanisme amazonien et toxicomanie: initiation et contre-initiation

Auteur : Jacques Mabit

Article publié dans la Revue AGORA : Ethique, Médecine et Société en 1993.

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J'avoue que le verbiage "psy" provoque en moi instinctivement un rejet, allergie qui n'a pu qu'être renforcée par le lit de mon expérience personnelle. Cependant, il convient sans doute ici de dire premièrement "d'où je parle" afin que je puisse avoir quelque chance d'être entendu. J'aimerais pouvoir dire que je parle "du coeur”: du coeur de la forêt amazonienne qui m'abrite depuis 7 années; du coeur de la première zone mondiale de production de pâte de base de cocaïne et de consommation de celle-ci (souvent en association avec l'alcool); du coeur d'une des plus antiques formes de thérapie, le shamanisme indigène de la jungle orientale péruvienne; du coeur d'un vécu initiatique qui m'a conduit à une exigeante autoexploration de mes propres dépendances et aliénations; enfin, de mon propre coeur humain.

36.
Toxicomanie et chamanisme Amazonien. Souffrance psychique, états modifiés de conscience et quête de sens

Auteur : Jacques Mabit

Cours Supérieur : Douleurs et modulations perceptives : vigilance, hypnose, sommeil, addiction. 4ème Congrès annuel de la Société d’Etudes de la Douleur. Montpellier, 20 Novembre 2004.

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Il est proposé de traiter de la douleur-souffrance psychique et des tentatives de résolution ou soulagement de celle-ci par l’induction de modification de l’état de conscience du sujet sous deux formes extrêmes et opposées : la toxicomanie et le chamanisme amazonien développé avec le recours de plantes psychotropes. Dans les deux cas il y a utilisation d’un support externe (une substance), d’une mise en forme rituelle et du positionnement d’une intentionnalité. Pourtant les aboutissements sont divergents, l’aggravation de la souffrance finale dans la contre-initiation toxicomaniaque et la réduction de la souffrance finale dans la guérison-initiation chamanique. Un point de jonction entre ces deux pratiques est constitué par la quête de sens, consciente ou inconsciente, l’attribution d’un sens à la souffrance étant susceptible de la réduire voire de l’amender complètement. J’essaierai de discerner, au sein de ces similitudes, les raisons de cette divergence au niveau du dénouement de la souffrance, en particulier par la réforme des mémoires somatiques.

37.
Usage rituel de l'ayahuasca et santé : un entretien avec Jacques Mabit

Auteur : Beatriz Caiuby Labate, Brian Anderson, Henrik Jungaberle

Interview publiée à l'origine en anglais sous le titre “Ritual Ayahuasca Use and Health: An Interview with Jacques Mabit”, The Internationalization of Ayahuasca, Beatriz C. Labate and Henrik Jungaberle, eds. Zurich Switzerland, Lit Verlag, 2011, 446 pp.

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Cet entretien a pour objectif d'étudier le cadre théorique et la pensée de Jacques Mabit, président exécutif de Takiwasi. L'un des principaux centres d'intérêt de nos questions était la conception de Mabit concernant des avantages pour la santé et les risques associés à l'utilisation de l’ayahuasca. L’accent a également été mis sur l'étude de l'hybridation intrigante de la psychothérapie occidentale avec la médecine traditionnelle amazonienne que le Centre Takiwasi utilise pour traiter l'abus de drogues. L'entretien soulève plusieurs questions importantes sur les effets de l'utilisation de l'ayahuasca sur des aspects spécifiques de la santé humaine - un domaine sur lequel il reste beaucoup à apprendre.

38.
Vies Changées

Auteur : Swiatoslaw Wojtkowiak

Ces témoignages ont été collectés par Swiatoslaw Wojtkowiak en juin 2017 et publiés en anglais sur son blog http://blog.swiatoslaw.com/?cat=449 avec l'autorisation des personnes impliquées.

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Je considère cette plante (ayahuasca) comme une source de connaissance - à la fois sur moi-même, mes problèmes personnels - ainsi que pour ma vie professionnelle, pour travailler avec d'autres en tant que psychothérapeute. Elle m’est également utile pour superviser ma relation avec les patients, elle me montre des choses sur le travail que, autrement, je ne serais pas en mesure de remarquer.

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